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Quel programme pour nos futurs gouvernants ?

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Dans moins de deux ans nous allons à nouveau voter pour élire un président de la République, une nouvelle Assemblée Nationale et un nouveau Gouvernement ayant pour objectif le redressement de notre pays.

Le but de cet article est de lister les sujets qui me paraissent essentiels pour faire le choix parmi toutes les offres qui vont nous être proposées (du moins nous l’espérons..) dans les mois à venir.

Ce sont des choix personnels de priorités et donc ils n’engagent que moi, et ceux qui y adhèreront.

Les sujets de la Communauté Européenne et de l’Euro ne sont pas abordés à ce stade purement national, mais sachez que je suis pour l’Europe, et le renforcement de la collaboration inter-états à tous les niveaux, et pour la monnaie unique européenne, avec des prérogatives renforcées de la banque centrale à l’image des autres grandes banques centrales (américaine, chinoise, etc.).

Baisser le taux de chômage

Avec plus de 10% de taux de chômage en France, la création d’emplois est la priorité numéro 1 de tous les gouvernements à venir.

On suppose aujourd’hui, grâce aux travaux de brillants économistes, que le XXIème siècle ne se caractérisera pas par une croissance élevée du PIB. La croissance démographique, à l’exception de l’Afrique, est en ralentissement général et la croissance de la production (hors effet démographique) sera plutôt autour des 1% annuels que des niveaux connus dans les Trente Glorieuses (niveaux atypiques si l’on regarde l’évolution de la croissance du revenu national sur au moins deux siècles). Les pays en développement, au fur et à mesure du rattrapage de leur niveau de développement, verront aussi (et cela a déjà commencé en Chine et au Brésil notamment) leur croissance ralentir.

Donc ce n’est pas la croissance qui permettra de créer seule, par un effet mécanique, suffisamment d’emplois. Et si l’on attend sagement cette croissance pour résoudre le problème du taux de chômage, nous sommes condamnés à ne pas réussir.

Quels remèdes faut-il donc envisager ?

Les mesures à mettre en œuvre sont assurément multiples :

  • Former massivement les chômeurs ayant un niveau de formation insuffisant ou inadéquat pour répondre aux besoins du marché du travail actuel.
  • Assouplir les règles qui régissent l’emploi pour permettre aux entreprises d’embaucher plus facilement en ayant l’assurance de pouvoir faire machine arrière également plus facilement. Ceci par une simplification du droit du travail en maintenant les droits essentiels des salariés, et en ramenant au niveau des branches toutes les autres obligations, mais aussi par un contrat de travail rénové et unique (une seule forme qui peut-être de durée garantie variable suivant l’ancienneté acquise, tout en réadaptant les droits au chômage pour que les salariés puissent être accompagnés dans la période de recherche d’un nouvel emploi).
  • Orienter fiscalement les entreprises vers la création d’emplois, par exemple : un allègement de la fiscalité sur les résultats en échange de la progression du nombre de salariés pour un salaire moyen constant, mais aussi une taxation plus forte des résultats au-delà d’un seuil sans création d’emplois nouveaux.
  • Permettre aux seniors, en situation de chômage de longue durée, de faire le choix, à l’âge de 60 ans, de partir en retraite immédiatement, tout en validant les trimestres qui restaient à échoir jusqu’à l’âge maximum de 67 ans (la limite étant leur obligation du nombre de trimestres à cotiser). Maintenir en situation de chômage des personnes sans espoir de retrouver un emploi est inutile (allongement de l’âge de départ et abandon des pré-retraites, en période économique faible, ont un effet immédiat sur l’augmentation du nombre de séniors au chômage).

Il ne faudrait pas avoir peur d’engager la responsabilité de nos gouvernements sur la réussite ou non de cette priorité.

Hors situation économique générale exceptionnelle, un gouvernement qui n’aboutit à aucun résultat concret en matière de baisse du taux de chômage (passé une période par exemple de deux ans pour mesurer la mise en œuvre des changements) devrait être contraint à remettre sa démission.

C’est sûrement difficile à réaliser, sur un plan démocratique, mais la priorité de la baisse du taux de chômage est telle que nous devons nous interroger sur cette question.

Résoudre le problème du taux de chômage, par la création d’emplois, a des conséquences bénéfiques pour la résolution, au moins partielle, d’un certain nombre de nos autres problèmes : plus de cotisations pour les caisses de retraite, plus de cotisations pour l’assurance chômage et pour l’assurance maladie, donc des déficits plus faibles dans ces domaines ; plus de consommation et donc une croissance plus dynamique pour notre économie (au moins assurer les 1% plutôt que d’être en stagnation) ; plus d’optimisme et moins de craintes pour notre population, facteurs essentiels d’une évolution plus heureuse de notre société.

Une politique volontariste de transition énergétique et de préservation de l’environnement

Je suis convaincu qu’une vraie politique en faveur de l’environnement serait bénéfique à l’emploi en général et à la croissance économique.

Nous savons tous aujourd’hui que notre planète, notre mode de vie, l’avenir de nos enfants et petits-enfants, sont en danger avec les changements climatiques, et notre façon de gérer notre environnement.

L’écologie n’est ni de droite, ni de gauche, et des mesures politiques et volontaristes nous engageant dans une transition énergétique et un respect accru de l’environnement devront figurer (et pas en dernières lignes des engagements) dans les programmes proposés par les candidats aux fonctions suprêmes ou nationales en 2017 et au-delà.

Par volontariste j’entends des mesures visant à réduire (jusqu’à la complète élimination à terme) la pollution de nos moyens de transport, à changer nos modes de production d’énergie (énergies renouvelables sous toutes ses formes et élimination/réduction des risques/problèmes existants – énergies fossiles, nucléaire), à limiter notre consommation énergétique au niveau individuel (appareils moins gourmands, non gaspillage au quotidien), et à intégrer la préservation de notre environnement (l’air, l’eau, les nuisances sonores, le paysage) dans tous nos actes et décisions quotidiens.

A mon sens une telle politique devrait être plus créatrice que destructrice d’emplois, surtout si son ambition dépasse le seul marché national. Un plan concerté, au niveau de la Communauté Européenne, est un but à rechercher.

Pour cela je suis en faveur d’une fiscalité écologique, par nature transitoire car disparaissant quand l’objectif est atteint, et ne servant à financer que les investissements/mutations en faveur d’une réduction de la pollution, un changement de la consommation énergétique, et la préservation de l’environnement. Je n’étais donc pas favorable à la récente taxe carbone (heureusement annulée mais à quel prix) destinée à financer l’entretien des routes secondaires et des voies fluviales (et au changement de modes de transport très accessoirement). Cela correspondait à un détournement d’objet.

Cette politique écologique doit être basée sur un plan décennal, revu et prolongé régulièrement lors du renouvellement de l’Assemblée Nationale, et devrait viser des résultats concrets, donc visibles, sur une génération.

Aujourd’hui, au classement européen de la fiscalité écologique, la France est très en retard avec un niveau de taxes environnementales de 1,8 % du PIB, quand la moyenne européenne s’établit à 2,4 %. Cet écart risque encore de s’accroître : plusieurs pays européens ont en effet relancé la fiscalité environnementale avec des objectifs écologiques mais aussi de consolidation budgétaire globale en lien avec la compétitivité.

La gestion des déficits sociaux

Comme je l’ai indiqué, dans un autre sujet de ce blog, l’Etat social, qui s’est mis en place au cours du XXème siècle, a constitué une révolution sociale fondamentale pour nos sociétés européennes. Il ne s’agit donc pas de revenir en arrière sur tous les acquis sociaux de ces dernières décennies (systèmes de retraite publics, assurance chômage, assurance maladie, droit à l’éducation, minima sociaux, allocations d’aides).

Mais nous devons gérer au mieux l’ensemble de ces systèmes de façon à garantir leur existence dans le temps, à mieux les gérer pour les ramener progressivement à l’équilibre (et ne pas accroître les avantages en cas de retour aux excédents, sauf à ce qu’ils soient pérennes), en gardant à l’esprit que tout en étant universels (donc accessibles à tous) ils doivent d’abord protéger les plus faibles. Si un choix économique doit être fait (augmentation de cotisation, baisse d’une allocation, mesures identiques pour tous les types de population – salariés, travailleurs indépendants, professions libérales, ..) ce sont les plus riches et favorisés d’entre nous qui devront supporter la plus forte charge, sans oublier de taxer, non seulement les revenus du travail, mais aussi les revenus du capital dont les bénéficiaires sont aussi des citoyens à part entière et donc, à ce titre, redevables des efforts que la société consent pour maintenir son système social.

La réforme fiscale

La pression fiscale a fortement augmentée au cours du XXème siècle pour atteindre, en France, 50% du revenu national.

Je pense que cette pression fiscale doit être revue et simplifiée. Revue pour plus d’égalité (tout le monde paie en fonction de ses revenus, qu’ils soient issus du travail ou du capital), et simplifiée pour être plus lisible, et donc compréhensible, par tous les citoyens.

Je ne suis par exemple pas adepte de l’impôt zéro sur le revenu pour une population de plus en plus importante. Je préfère des impôts très faibles, pour les revenus les plus bas (en démarrant pourquoi pas à 10€), mais malgré tout un paiement de l’impôt sur le revenu pour marquer leur contribution au budget de l’Etat et des Collectivités Territoriales.

Certes l’impôt sur le revenu n’est pas aujourd’hui l’essentiel (environ 21% des recettes fiscales), et tout citoyen, même celui qui est exonéré d’impôt sur le revenu, contribue au budget de l’Etat via la TVA (plus de 45% des recettes de l’Etat), ou encore les taxes sur les carburants.  Mais c’est là un principe d’égalité.

Les deux gouvernements, sous la présidence de François Hollande, ont abandonné le grand soir fiscal, ou l’ont peut être reporté à plus tard, et c’est bien dommage de ne pas ouvrir ce chantier (même sur plusieurs années) qui permettrait la révision et la simplification que j’appelle de mes vœux.

La mise en place de l’impôt sur le revenu, à la source, n’est qu’un changement mineur. En fait, on applique au revenu salarial, ce qui est déjà en vigueur pour les dépenses sociales (maladie, retraite et chômage notamment), et qui s’applique assez souvent sur les revenus du capital (contribution sociale sur les intérêts de certains placements). Mais c’est néanmoins un pas vers plus de clarté.

Que faudrait-il faire ?

Tout d’abord mettre à plat les besoins de notre fiscalité pour financer les dépenses publiques qui sont de plusieurs ordres :

  • Le budget de l’Etat : pour financer l’éducation (salaires des enseignants) et la recherche, la défense nationale, la sécurité des citoyens, la justice, la politique du logement, les contributions à l’Union Européenne, le remboursement de la dette publique et le fonctionnement des administrations publiques.
  • Les budgets des Collectivités Locales : pour financer la formation professionnelle et l’éducation (investissements et maintenance des écoles, collèges et lycées), l’aménagement du territoire et des transports publics, la culture, la politique sociale (RSA), et le fonctionnement des administrations locales. Les Collectivités Territoriales représentent près de 70% de l’investissement public.
  • Les budgets sociaux : pour financer l’assurance maladie, les régimes de retraite, l’assurance chômage, et toutes les aides sociales nécessaires (allocations familiales, allocations logement, allocation aux handicapés, minima sociaux, etc..).

En face nous avons plusieurs niveaux de recettes existantes :

-          Les taxes sur la consommation : TVA, TIPP.

-          Les taxes sur des actes publics particuliers : mutation de propriété, formalités légales, etc.

-          Les taxes sur des services publics ou l’appartenance à une Collectivité Territoriale : foncier, habitation, ordures ménagères, valeur ajoutée des entreprises, véhicules, etc.

-          Les impôts sur les sociétés.

-          L’impôt sur le revenu.

-          Les cotisations sociales sur les revenus et les bénéfices financiers divers.

-          L’impôt sur les successions.

-          Les autres taxes ou recettes diverses (amendes, services publics partiellement payants, etc.).

Le principe étant que tous les individus ou entreprises, ou organisations quelle que soit leur forme, qui tirent un revenu de leurs activités dans un pays, dans lequel elles sont, soit résidents, soit bénéficiaires d’un placement ou d’un investissement réalisé dans ce pays, doivent contribuer au financement de l’Etat, des Collectivités Territoriales, et des budgets sociaux.

Réformer à trois niveaux :

1-      Au niveau des recettes fiscales indirectes :

  • Des taxes sur la consommation à trois niveaux, un niveau national, revu à la baisse par rapport à aujourd’hui (ne visant qu’à financer le budget de l’Etat central), un niveau local (taxe sur la consommation pour financer les collectivités locales, à l’image de ce qui existe aux Etats Unis), un niveau social (pour financer le régime de l’assurance maladie pour lesquels le tabac, l’alcool, les carburants polluants, etc.,  aggravent les dépenses).
  • Des taxes sur les mouvements financiers, c’est à dire les entrées et sorties de capitaux non justifiés par des acquisitions sur le territoire national ou dans la communauté européenne, ou qui ne concernent pas des ventes enregistrées et taxées sur le territoire national, ou enfin des transferts vers des comptes non déclarés et inconnus de l’administration fiscale du pays.
  • Les autres taxes ou recettes diverses actuelles (amendes, services publics partiellement payants, etc.), auxquelles j’ajouterais des taxes renforcées de nature écologique. Pour cela une fiscalité écologique moderne et incitative doit être repensée, ou améliorée, pour pousser au remplacement des véhicules polluants, à investir dans des équipements industriels réduisant fortement la pollution, à revoir notre production d’énergie, etc. (sujet déjà exposé plus haut).

2-       Au niveau des revenus du travail et du capital (avec prélèvement à la source), et des résultats des entreprises (impôt sur les bénéfices des sociétés):

  • Pour financer l’Etat central : un impôt central avec un pourcentage graduel (dit « impôt progressif ») en fonction du revenu et des bénéfices, et un taux minimum de 1% (avec un seuil de 1000€ de revenu) et un maximum raisonnable de 40%  (il s’agit du taux moyen d’imposition), y compris pour les entreprises (en y incorporant les mesures fiscales en faveur de l’emploi, en limitant les effets d’optimisation fiscale, s’il le faut en recalculant le bénéfice « réel » réalisé dans le territoire, et en favorisant, au niveau du taux, les TPE et PME).
  • Pour financer les Collectivités Locales : un impôt applicable sur les salariés, les entreprises et toutes les organisations à but lucratif (à partir de 1000€ de revenu), là aussi progressif, s’étalonnant de 1% à un maximum de 10% (en précisant que des taux réduits peuvent être accordés aux plus petites structures et à celles générant le plus d’emplois). Dans un souci d’équilibrage du territoire national, un certain niveau de péréquation entre régions, incluant une redistribution aux régions les moins favorisées, devra être appliqué sur les recettes de cet impôt (bien que les aides de la Communauté Européenne puissent être aussi utilisées pour cette fonction de rééquilibrage en étant orientées presque exclusivement vers ces régions défavorisées).
  • Pour financer les régimes sociaux : par des cotisations sur les salaires, les pensions, retraites, et sur les bénéfices commerciaux, non commerciaux, revenus financiers et fonciers, etc. Ces cotisations doivent être refondues pour intégrer (et faire disparaître) la CSG/RDS que je ne maintiendrais que pour les revenus autres que salaires, pensions et retraites  (taux global unique).

3-      Au niveau du patrimoine (impôt général sur le patrimoine et impôt sur les successions):

Pour garantir la préservation du droit de propriété et la jouissance paisible des biens acquis en propriété, j’établirais un impôt général sur le patrimoine s’appliquant aux propriétés bâties et non bâties, ainsi qu’à certains biens meubles (œuvres d’art, véhicules, etc.), et aux fonds de commerce. Cet impôt s’appliquant au premier Euro de propriété et étant progressif jusqu’à un niveau qui devrait rester faible pour ne pas devenir insoutenable (et donc contre-productif) ou confiscatoire. La recette de cet impôt étant répartie proportionnellement entre l’Etat central (la part la plus importante) et les Collectivités Territoriales. Bien entendu un certain nombre de taxes disparaîtraient de facto : les taxes d’habitation, de traitement des ordures ménagères, sur la valeur ajoutée, seraient par exemple intégrées dans l’impôt local. Les taxes foncières (particuliers et entreprises), les taxes sur les véhicules, dans la taxe sur le patrimoine (la part concernant l’immobilier d’entreprise, ou les participations financières – propriétés d’autres entreprises – étant prise en charge au niveau de la société).

L’impôt sur les successions, bien que parfois contesté, est un impôt utile pour réduire les inégalités. En effet, avec un taux de croissance plus réduit dans les décennies à venir, l’héritage va, comme au XIXème siècle, reprendre une place importante dans la formation et la croissance des patrimoines. Même si une franchise importante dans les successions directes doit être conservée, la progressivité de cet impôt est aussi un facteur essentiel pour que la contribution des plus « fortunés » reste plus importante que celle des moins fortunés (réduisant ainsi l’inégalité croissante du partage du patrimoine).

Revoir l’assiette de ces trois niveaux fiscaux, réduire, voire supprimer, les possibilités d’exonération, de franchises et de niches fiscales, et lutter contre l’évasion et la fraude fiscales doivent accompagner une telle réforme pour, d’une part limiter (voire légèrement réduire) la pression fiscale globale au niveau actuel, la rendre juste et équitable, et enfin moderniser et simplifier la collecte des impôts et taxes.

Je ne saurais insister sur l’importance de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales qui doit s’opérer, a minima au niveau de la communauté européenne, mais si possible au niveau international en mutualisant les efforts de tous les grands pays intéressés. Il faut des sanctions qui soient exemplaires, pouvant aller à la confiscation complète des patrimoines et à des peines de prison, pour mettre un frein à ces pratiques qui ont pour conséquence d’augmenter la pression fiscale sur les seuls payeurs réguliers.

D’une manière générale je suis pour le renforcement de la fiscalité sur les revenus du capital par rapport à celui du travail. Là encore, les économistes ont montré que le rendement du capital est entre 3 et 5 fois plus importants que celui du travail, et qu’à l’aube du XXIème siècle on assiste à un accroissement des inégalités entre ceux qui n’ont de revenus que du travail et ceux qui détiennent les capitaux. Une telle fiscalité aurait un effet de réduction des inégalités, ayant pour but le maintien harmonieux de nos sociétés et éviter les explosions sociales.

La modernisation de l’Etat et la maîtrise des dépenses publiques

L’Etat français est très loin d’être moderne, et c’est sans doute l’un des freins à une bonne maîtrise des dépenses publiques.

On est passé d’une monarchie absolue à une monarchie républicaine, très certainement accentuée par les institutions de la Vème république.

L’Etat et les Collectivités Territoriales doivent être gérées comme de grandes administrations publiques assurant des missions régaliennes, voulues par le peuple, et fournissant des services publics que le privé ne serait pas en mesure de fournir en respectant le principe d’égalité et de protection des plus faibles (quelle que soit la nature de cette faiblesse, revenu, handicap, etc.).

Pour cela nul besoin de palais grandioses, de serviteurs d’une autre époque (chambellans, huissiers, chauffeurs, jardiniers, etc.) et de dépenses somptuaires (à l’exception de la représentation internationale de la France dans des cas précis et limités).

Je ne verrais aucun inconvénient à ce que les ministères, les services de l’Etat, et autres Collectivités Territoriales soient logés dans des bâtiments simples, fonctionnels, peu coûteux en fonctionnement et entretien (dont une grande partie peut être assuré par sociétés privées).

Que ferait-on de nos palais ainsi délaissés me direz-vous ?

Nous pourrions les transformer en hôtels prestigieux (comme les Paradors espagnols), en musées, ou  les affecter à d’autres usages culturels. Quand on pense aux coûts de fonctionnement de ces palais, aux investissements disproportionnés faits par nos élus pour ériger des Conseils Généraux ou Régionaux toujours plus fastueux, on ne peut que douter de la capacité de nos élites à réduire les dépenses publiques.

L’exemple doit venir d’en haut c’est certain, mais la fiscalité doit aussi être un élément contraignant. Par exemple en faisant fixer par les élus du peuple, au niveau de l’Assemblée Nationale, les niveaux maximums des impôts, général et local (maximum de 40% au niveau de l’Etat et de 10% au niveau local comme vu plus haut). Au niveau local les Collectivités devront savoir attirer les plus performants des particuliers et entreprises, à hauts revenus, pour pouvoir bénéficier d’un budget plus important (par une qualité des équipements, de l’environnement économique et écologique, des services offerts qu’ils soient gratuits ou payants, etc.).

Un état moderne n’a pas besoin d’être en excédent. Sur une période longue (deux siècles) on constate que l’Etat est seulement à l’équilibre. Parfois en déficit dans les périodes difficiles (mais pour maintenir des services ou favoriser une reprise), parfois excédentaire (au moins au niveau primaire) quand il doit rembourser une dette devenue trop lourde ou sur le point de devenir incontrôlable.

En revanche l’Etat n’a pas le droit de dépenser plus que nécessaire, de façon à limiter au mieux la pression fiscale (pour un certain niveau de services rendus), et pour cela il doit être économe et n’employer que les catégories et le nombre des fonctionnaires nécessaires pour réaliser ces tâches.

L’Etat ne doit pas non plus s’enrichir sur le dos de ses citoyens. Son but est de financer les services qu’on attend de lui, et cela de la meilleure manière possible, et de permettre que le revenu national soit le meilleur possible pour un enrichissement de sa population. Il n’est pas là pour accumuler des palais, et réaliser des investissements coûteux, autres qu’à vocation économique (voies de communication,..), sécuritaire (armée et police), éducative ou culturelle.

Dans le domaine de la maîtrise des dépenses publiques, je serais également pour un contrôle plus strict de l’action des gouvernements.

Toute dégradation importante de l’équilibre budgétaire (ou de non amélioration si le déficit est déjà important), au cours de deux exercices budgétaires consécutifs, devrait entraîner une possible démission du gouvernement sur requête de l’Assemblée Nationale. Il est certain que les voies et moyens pour mettre en pratique, de manière démocratique et réaliste, une telle mesure, doivent être réfléchis, mais la maîtrise des dépenses publiques sont essentielles pour que le peuple ait confiance dans ses élites, ses institutions, son gouvernement. On n’imagine pas un dirigeant, ou un salarié, dans une entreprise privée, conserver longtemps son poste en cas d’insuccès reconnu dans ses objectifs et/ou sa mission.

Voilà quelques idées, ou grandes lignes d’idées, jetées sur le papier, probablement discutables, sûrement améliorables, peut être et sans doute même, dans certains cas, difficilement réalisables, mais ce sont ces idées qui m’aideront à choisir dans le futur proche nos futurs dirigeants politiques.

La seule condition reste bien entendu que des programmes, construits, ambitieux, et rénovateurs, nous soient réellement proposés dans les mois à venir.

« Tantum dicam, futura.. »

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2 Commentaires

  1. Yves Persinette Gautrez

    5 octobre 2015 à 17 h 15 min

    Bonjour Christian,

    Tes propositions sont intéressantes à plus d’un titre, mais avant toute proposition, il faudrait revoir la base d’analyse et sensibiliser l’opinion.

    1/ En effet, tu fais le constat d’un taux de croissance faible; or ce taux de croissance du PIB ne prends pas en compte correctement tous les effets de la révolution numérique et des services nouvellement créés ou à créer par cette révolution. On reste sur des schémas classiques de ce calcul et les économistes se perdent encore en conjecture devant ce problème. Vivement qu’on trouve une solution…

    C’est un problème majeur:

    Ex 1 En Chine où j’étais il y a 3 semaines, Uber est déjà partout (excellent service, disponibilité quais immédiate, pas cher, voitures impeccables, chauffeurs soignés, etc…): incroyable pour celui qui a vu les manif. des taxis à Paris…. Et je ne pense pas que la Chine compte ces emplois ?
    Ex 2 En ce moment, GDF lance une gamme de produits (et donc génère des emplois indirects) sur les économies d’énergie des centres informatiques de type Data centers (25% de l’energie produite pour une ville comme Paris dans 10 ans…). proposant des services informatiques révolutionnaires : où sont les % de croissance des effets induits dans le calcul du PIB?,

    2/ En 2eme lieu, il faut sensibiliser l’opinion sur les aspects économiques, ce qui est loin d’être le cas en France où on vit encore en pensant plus aux corporations qu’au service publique, aux « les riches paieront » qu’aux revenus distribués allégrement à tous…etc… l’Etat protecteur, distributeur de fric gratuit, est une vraie plaie.

    Commençons ensuite par mettre en place 2 mesures simples:
    - un taux d’impôt unique (revenus et Capital) pour tout le monde, afin que chacun sache combien lui coute l’Etat providence (l’effet sera désastreux pour tous les hommes politiques qui proposeraient des réformes sans économies à la clé)
    - suppression de toutes ces niches fiscales, compréhensibles des seuls Happy Few (les mêmes d’ailleurs que ceux qui critiquent l’Etat providence…).

    Et alors, ensuite seulement, réfléchissons à de bonnes mesures comme celles que tu proposes, en donnant des choix clairs aux citoyens et millions de chefs d’entreprises.

    A+
    Yves

    Répondre

  2. christianraucoules

    5 octobre 2015 à 18 h 06 min

    Cher Yves,

    Merci pour ta contribution.
    Tout d’abord, concernant le taux de croissance du PIB, un accroissement (hors effet démographique) de 1% par an est déjà important puisque cela représente une progression de 35% sur une génération (le taux était bien plus faible avant le XVIIIème siècle, proche de 0%). Avec une telle progression n’importe qui constate, entre son début et sa fin de carrière, des changements majeurs dans son environnement (économique, scientifique, personnel).
    Donc il n’est pas dans mon propos de m’en désoler, mais en revanche un tel taux contraint nos gouvernants à gérer au plus près, ce qu’ils n’ont pas fait depuis bien longtemps (l’effet pervers des trente Glorieuses).
    Pour les exemples que tu donnes, je dirai que tout ce qui donne lieu à une facturation se retrouve obligatoirement (sauf si c’est au noir) dans le revenu national, et est donc intégré dans le PIB.
    La sensibilisation de nos concitoyens à l’économie est une chose que je déplore aussi, mais bon tout le monde peut s’éduquer, si ce n’est qu’en lisant, que ce soit un livre d’économie ou un blog ;)
    Et pour terminer je suis en ligne avec tes deux mesures simples, puisque je propose une taxation identique pour tous types de revenus, qu’il soient du travail ou du capital. Mais bien entendu évolutif suivant l’importance du gain. Je ne suis pas adepte (comme Reagan je crois) du taux unique (= uniforme) pour tous. D’ailleurs même les américains en ont abandonné l’idée.
    Quant à la suppression des niches fiscales j’y souscris pleinement, en y ajoutant aussi les possibilités d’optimisation fiscale pour les grandes entreprises.
    Pour conclure, il est normal que les plus riches paient plus que les plus pauvres. Cela n’empêche pas qu’en 2010, les 50% les plus pauvres de la population possédaient seulement 5 % du patrimoine, les 40% suivants possédaient 35 % du patrimoine, et les 10% les plus riches possédaient 60% du patrimoine (dont 25% rien que pour le 1% des plus riches de la population). Les revenus du capital progressant plus vite que ceux du travail, ils peuvent être plus taxés sans que cela n’appauvrisse les riches.

    Répondre

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