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Comparaison des performances économiques des principaux pays européens en 2017

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Voici une réactualisation de la précédente étude de comparaison qui portait sur les données 2013.

Les données 2017 sont intéressantes car elles permettent de voir comment l’économie française, mais aussi celles de plusieurs grands pays d’Europe, ont évolué dans l’intervalle 2013-2017. Pour la France cette période correspond à l’action du mandat de François Hollande.

Le tableau ci-dessous rassemble 24 données par pays, recouvrant les domaines suivants: la richesse nationale, le PIB, les principaux indices économiques, les données sur l’immigration et les grands équilibres économiques. Ces données sont issues des rapports de l’OCDE, de la Communauté Européenne et de l’INSEE.

fichier pdf Etude sur l’économie française réactualisée en 2018

Dans cette version je n’ai pas seulement actualisé les données 2013, j’ai aussi corrigé certaines données qui n’étaient pas totalement exactes pour les plus petits pays, et j’ai rajouté des données sur l’immigration et la population étrangère, ainsi qu’une information sur le taux d’épargne des ménages par pays.

L’échantillon reste le même: 8 pays en dehors de la France, 4 de taille comparable à notre pays (Allemagne, Royaume Uni, Italie et Espagne), et 4 de plus petite taille (Pays Bas, Belgique, Portugal et Grèce). Mais ces pays sont aussi représentatifs des zones Nord et sud de l’Europe dont on sait que les difficultés existantes et les politiques menées ne sont pas toujours les mêmes.

Avec le recul de 4 ans sur les données examinées précédemment, je trouve que ma conclusion dans l’article précédent était sans doute un peu trop optimiste. Pour mémoire j’écrivais: « Pour conclure sur les performances économiques de notre pays: des résultats plutôt favorables, en comparaison aux autres économies européennes, avec deux points noirs, le chômage et les dépenses publiques. Rêvons que nous allons pouvoir un jour résoudre ces deux problèmes majeurs pour redonner de l’espoir et un peu d’optimisme à nos concitoyens. » En effet, que constate-t-on à la vue de cette nouvelle série de chiffres? Malheureusement, si la France reste bien placée parmi les grands pays européens, ses deux points noirs que sont le chômage et les dépenses publiques restent toujours ses deux principaux handicaps.

Le groupe des pays de taille comparable à la France

L’Allemagne reste le leader du groupe avec quasiment tous ses voyants au vert. Les seuls points de préoccupation sont le pourcentage de la population sous le seuil de pauvreté qui a augmenté pour passer de 16.1% à 16.5%, et le flux d’immigration qui est devenu extrêmement important pour atteindre près de 700 000 personnes en 2017. On comprend mieux les enjeux des batailles politiques en Allemagne au regard de ces données. Car, pour le reste, nous constatons un taux de croissance positif (+1,4 % comparé à +0.1% en 2013), une inflation très faible (+0.2% comparé à +1.4% en 2013), un taux de chômage très bas (4.6%), un excédent public et une dette maîtrisée. L’Allemagne est donc de loin le meilleur élève de la classe européenne.

Deuxième du classement, le Royaume Uni. Son taux de croissance est plus fort qu’en 2013 (+2.3% contre +1.7%), son inflation est restée modérée (+0.4% contre +0.7%), et le taux de chômage reste faible (5.3%). Ses points noirs que sont le déficit public (-4.2%) et l’endettement (109.4% du PIB) restent les mêmes. L’endettement a notamment progressé de plus de 22 points en 4 ans. Un autre point révélateur des difficultés actuelles, le taux d’épargne des ménages britanniques est proche de zéro.

La France se place troisième, avec les points positifs suivants: une croissance à +1.8% (contre +0.3% en 2013) et une inflation réduite même si un peu plus forte (1%). C’est aussi, avec le Royaume Uni et la Grèce, l’un des seuls pays qui a réduit son taux de population vivant sous le seuil de pauvreté (13.6% contre 14.1% en 2013). Ceci est le résultat de la politique de redistribution propre à la France.

Contrairement à ce qu’on entend souvent dire, le flux d’immigration est contenu et en proportion plus faible que les quatre autres pays de taille comparable. En revanche les points noirs spécifiques à la France restent les mêmes: un taux de chômage encore de 9.4% (comme en 2013), et des dépenses publiques qui continuent de progresser (+12.7% par rapport à 2013). Certes le taux de déficit public (-3.6% contre -4.3% en 2013) diminue, mais c’est grâce à l’augmentation des impôts et non à une maîtrise des dépenses. Il reste donc toujours autant à faire, si l’on se place en fin d’année 2017.

Quant à l’Italie et à l’Espagne, ces deux pays ont réussi à retrouver une croissance économique (+1% pour l’Italie contre -1.9% en 2013, et +3.6% (!) pour l’Espagne contre -1.3% en 2013), ceci avec une inflation quasi nulle. Mais ces deux pays restent néanmoins confrontés à un certain nombre de difficultés structurelles: taux de chômage élevé, taux élevé de population vivant sous le seuil de pauvreté, déficits publics continuels et dette publique en croissance (+24 points pour l’Espagne et +29 points pour l’Italie qui atteint 157% de son PIB).

Le groupe des pays de taille plus petite

Dans ce groupe on retrouve les Pays Bas, la Belgique, le Portugal et la Grèce, donc deux pays du nord de l’Europe et deux du sud. Ce groupe de pays, comme le reste de l’Europe, connait une belle croissance du PIB, avec en tête les Pays Bas et le Portugal dont les taux de croissance sont autour des 3% en 2017. Le changement le plus notable est cependant la Grèce qui connaissait une décroissance de son PIB en 2013 à -3.9% et qui, en 2017, affiche une croissance de +1.4%.

A l’identique de l’Allemagne, les Pays Bas sont le pays qui affiche les meilleures performances: croissance forte, chômage très faible, une balance commerciale excédentaire, un excédent public de 1,1% (alors qu’il était de -2.7% en 2013), un bon taux d’épargne des ménages, et la dette publique la plus faible des 9 pays (environ 70% du PIB soit mieux que l’Allemagne).

La Belgique a conservé ses faiblesses observées en 2013, à savoir un déficit public (-2.4% contre -2.9% en 2013), et une dette publique élevée (122% du PIB à l’identique de la France). Un point positif cependant: le taux de chômage qui reste stable à un bon niveau (7%).

Enfin les deux derniers pays du sud de l’Europe, Portugal et Grèce, conservent aussi les mêmes faiblesses que celles observées en 2013. Le Portugal affiche un taux de chômage stable à quasiment 9%, des dépenses publiques élevées entraînant un déficit public de 3% (contre -4.9% en 2013), et une dette publique qui a dépassé les 145% du PIB. L’économie de la Grèce affiche cependant des ratios économiques nettement redressés par rapport à 2013: une croissance forte, à l’inverse de la période précédente de décroissance, des dépenses publiques fortement réduites (-25% par rapport à 2013 et seul pays, parmi les 9, qui affiche une baisse de ses dépenses en valeur absolue), mais un taux de désépargne important (-17%!). Le pays va mieux mais il lui faudra encore du temps pour retrouver une santé financière correcte. Le PIB de la Grèce a diminué de 20% par rapport à 2013, et de facto sa dette publique a atteint en 2017 191% de son PIB, alors qu’en valeur absolue la dette s’est réduite de plus de 45 milliards d’euros.

Conclusion pour l’économie française

Que dire de l’économie française en 2017 par comparaison à 2013? La croissance est certes plus forte, mais c’est aussi l’effet de la bonne santé économique des autres pays européens, la plupart affichant des taux de croissance supérieurs au nôtre. Nos faiblesses sont toujours là: un chômage à plus de 9% malgré une légère baisse de la population active, des dépenses publiques élevées malgré une légère réduction du taux de déficit.

Sous la nouvelle mandature d’Emmanuel Macron le gouvernement veut s’attaquer à ces deux faiblesses françaises au travers de réformes de structure importantes. Après plus de 30 ans de performances insuffisantes de notre pays, il y a fort à parier que les réformes seront difficiles à mettre en place et que les résultats ne  viendront pas tout de suite. Mais, une chose est certaine, nous ne pourrons pas éternellement financer par les impôts et taxes nos faiblesses structurelles (+16% des recettes publiques, en valeur absolue, entre 2013 et 2017!).

Ce sujet des dépenses et des recettes publiques me semble suffisamment important pour le traiter spécifiquement au travers d’un prochain article, après une étude complète des données officielles sur plusieurs années.

P.S. : Vous trouverez les données 2013 auxquelles je me réfère dans cet article dans celui que j’ai publié le 18 mars 2015 sur ce blog dans la catégorie « Economie » (titre de l’article identique à celui-ci).

 

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