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Changements climatiques – Des lendemains qui déchantent

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Le changement climatique est sans doute le sujet planétaire de ce 21ème siècle. Ceci en raison de son aggravation, de plus en plus visible, mais aussi sans doute parce qu’au tournant d’un siècle on se questionne et on se projette plus facilement sur les 100 ans à venir.

L’objet de ce premier article est de balayer les grandes questions que l’on se pose au sujet du changement climatique ainsi que ces éventuelles conséquences pour notre planète.

Le climat de notre Terre a continuellement changé depuis des millions d’années. Pourquoi est-ce plus grave aujourd’hui ?

Ce changement constant du climat depuis que la Terre existe, est l’argument principal des ceux, comme Donald TRUMP, qui refusent d’admettre que les hommes sont aujourd’hui un facteur aggravant.

Plusieurs forces différentes peuvent influencer le climat. Quand l’activité solaire augmente, la planète reçoit plus d’énergie et se réchauffe. Lorsque des volcans entrent en éruption, ils émettent des particules dans l’atmosphère qui renvoient la lumière du soleil, et la planète se refroidit. Quand il y a plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, la planète se réchauffe. Aujourd’hui, la force motrice dominante provient des activités humaines et des émissions de gaz à effet de serre additionnelles provoquées par ces activités.

Les changements climatiques passés ne nous disent pas que les humains ne peuvent pas influer sur le climat, au contraire, ils nous disent que le climat est très sensible aux gaz à effet de serre dont nous contribuons à augmenter la présence dans l’atmosphère terrestre.

Concernant l’influence du soleil le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) montre comment les différentes variations naturelles, comme celles de l’activité solaire, peuvent expliquer les variations de températures constatées dans le passé, jusqu’à la moitié du XXe siècle. Mais depuis 1950, le réchauffement constaté est explicable principalement du fait des activités humaines.

Radiation solaire et changement de température

Durant les 35 dernières années, au cours desquelles le climat s’est réchauffé, l’activité du soleil a eu tendance à diminuer.

97% des scientifiques de la planète, compétents en matière climatique, s’accordent à dire qu’il y a bien un réchauffement climatique et que ce phénomène est d’origine humaine.

Quels sont les impacts négatifs de ces changements climatiques ?

Pour l’agriculture un des facteurs importants est la fiabilité des réserves d’eau. Les changements climatiques sont susceptibles de perturber ces ressources par des inondations, des sécheresses ou une plus grande variabilité. L’agriculture peut aussi être perturbée par des incendies résultants de ces sécheresses.

Sur notre santé, les effets de ces changements sont le nombre des morts attribuables aux canicules, qui devraient être environ cinq fois plus important que celui des morts hivernales évitées (du fait du moindre froid). Il est largement admis qu’un climat plus chaud encouragera la migration d’insectes porteurs de maladies comme les moustiques, et la malaria (paludisme) est déjà en train d’apparaître dans des zones où elle n’avait jamais été vue auparavant.

La fonte des glaces polaires augmente le risque de collisions avec des icebergs et détruit l’habitat de l’ours polaire. Plus encore un sixième de la population mondiale dépend de l’eau douce restituée par la fonte annuelle des glaciers dans les mois et saisons suivant l’hiver. Ces ressources en eau (eau potable, agriculture) pourraient venir à manquer en période estivale.

Les océans, en absorbant de plus en plus de CO2, s’acidifient, ce qui aura des effets déstabilisants sérieux sur la chaîne alimentaire océanique entière.

On assiste déjà à l’extinction d’un grand nombre d’espèces du fait qu’elles ne peuvent pas s’adapter assez vite aux changements climatiques. Une étude du WWF (fonds mondial pour la nature), datant de 2014, montre que sur 1000 populations représentatives de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons, on a enregistré un déclin de la taille des populations de 52% depuis 1970. Cette évolution est due à la perte et la dégradation des habitats, la chasse et les changements climatiques.

Enfin, au niveau de l’économie mondiale, le rapport Stern a montré que les coûts de l’inaction face au changement climatique excèdent largement les coûts de sa prévention. Certains scénarios prévus (4ème rapport du GIEC) témoignent de migrations massives de populations au fur et à mesure que les pays en basses-terres seront inondés. Des perturbations dans le marché mondial, les transports, les réserves d’énergie et le marché du travail, la banque et la finance, l’investissement et l’assurance, feraient toutes des ravages sur la stabilité des pays en développement mais aussi des pays développés. Les marchés endureraient plus d’instabilité et les investisseurs, tels que les fonds de pension et les compagnies d’assurance, auraient des difficultés considérables.

Quels sont les pays qui émettent le plus de carbone ?

Les émissions de CO2 des énergies fossiles, première cause du réchauffement mondial, ont connu en 2018 une hausse, inédite depuis sept ans, comme un rappel à la réalité pour les États réunis à la COP24 en Pologne.

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On constate les changements survenus, entre 1990 et 2010, dans le classement des pays émettant le plus de carbone. On remarque aussi que depuis 2010 peu de choses changent. Entre 1990 et 2010, les pays développés (Etats Unis, Europe, Russie, Japon) ont réduit leur empreinte carbone tandis que la Chine et l’Inde ont grimpé dans le classement au fur et à mesure de leur développement économique.

Aujourd’hui la Chine tient le haut du pavé, mais sa population est aussi très importante et c’est encore l’usine du monde. En revanche les Etats Unis, en proportion de leur population (328 millions d’habitants), détiennent le record par habitant. La décision de Donald TRUMP de ne pas entrer dans l’accord de Paris est un mauvais présage pour l’avenir immédiat.

Quels sont les pays qui font le plus d’efforts pour lutter contre les changements climatiques ?

A ce jour, le seul pays qui respecte les objectifs de l’accord de Paris est le Maroc. Très prêt on trouve l’Inde, les Philippines, et un petit nombre d’autres états de moindre importance (voir tableau ci-après).

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L’Union Européenne, le Brésil, le Mexique et l’Australie, entre autre, font encore des efforts jugés insuffisants. Quant aux Etats Unis, la Russie, l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’Ukraine, leurs efforts sont sévèrement insuffisants, et leur absence d’actions pour améliorer la situation, aboutira à une augmentation de + de 4 degrés de la température de notre planète en 2100.

Quelques exemples de ce qui nous attend si la température de la planète augmente de manière excessive

Des îles paradisiaques seront englouties, et les villes de Miami, Tokyo et Amsterdam seront envahies par les eaux.

Les ouragans et cyclones seront plus intenses. On le voit déjà depuis quelques années, mais cela va s’intensifier.

- Nous assisterons à des records de chaleur, et à des épisodes de froid polaire en Europe, et notamment en France. Ceci étant dû à la perturbation, du fait des changements climatiques, du fameux Gulf Stream.

- Il y aura des feux de forêt plus fréquents, comme ceux que nous avons vu se développer ces derniers mois, notamment aux Etats Unis ou au Portugal.

- L’ONU prévoit 250 millions de réfugiés climatiques autour de 2050, et la Banque Mondiale table sur une explosion de la pauvreté d’ici 2030, en raison des mauvaises récoltes dues à la diminution de la pluviosité, et la flambée des prix alimentaires provoquée par des phénomènes météorologiques extrêmes. Le continent africain serait le plus durement touché.

Conclusion

Difficile de nier l’action de l’homme sur l’aggravation du changement climatique. Les efforts pour réduire les émissions de carbone auront nécessairement un impact sur notre façon de vivre, ce que refusent encore nombre de pays, à l’instar des Etats Unis. Le carbone n’est pas le seul sujet d’inquiétude pour l’avenir de la planète. Nos modes de consommation, notre habitat pas toujours respectueux de l’environnement, et beaucoup de nos comportements actuels dans notre vie quotidienne (traitement insuffisant des déchets, usage trop important des emballages non recyclables, etc.) ont un effet néfaste sur la planète dont hériteront nos enfants.

Alors, ne pourrions-nous pas profiter de ce besoin de changement, impactant notre consommation, et donc notre économie, pour orienter notre société dans le développement à grande échelle des énergies renouvelables, dans la définition de nouveaux types d’habitat et d’emballage, dans l’évolution de nos modes de consommation, et dans tous projets susceptibles de rendre notre planète meilleure sur le plan environnemental ? Il y a sans doute là des gisements de croissance et donc d’emplois qui font défaut aujourd’hui. Une sorte de nouveau « plan Marshall », ou mieux une nouvelle révolution industrielle, le passage d’un ancien monde vers un nouveau monde.

Pour ce faire, il faudra beaucoup de volonté, et en premier lieu de nos hommes politiques, car beaucoup y ont à perdre (notamment les multinationales qui n’auront pas pris le bon virage), et les lobbys tenteront de l’empêcher, ou simplement le retarder, par tous moyens.

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